Lu | Noire n’est pas mon métier

Je crois que j’ai repris goût à la lecture depuis la fin 2018. Ma technique: mettre une alarme tous les soirs de la semaine à 21h pour me rappeler d’éteindre tous les écrans (ordi, téléphone). Je trouve que je dors et me réveille beaucoup mieux quand j’ai lu un livre avant de dormir. Du coup, à 21h je sais que quelque soit la série que je binge ce sera le dernier épisode de la soirée. Puis, j’enchaîne avec la lecture d’un livre. Je pense à lire ce recueil depuis que j’ai vu ces femmes défilées au Festival de Cannes. C’est un acte hyper courageux.

Cet article était dans mes brouillons depuis longtemps, je trouve que la journée internationale des droits de la femme est un parfait contexte pour cet article. Surtout depuis le discours engagée de l’actrice à l’origine de l’initiative lors des Césars.

“On a survécu au whitewashing, au blackface, aux tonnes de rôles de dealers, de femmes de ménages à l’accent bwana, on a survécu aux rôles de terroristes, à tous les rôles de filles hypersexualisées… Et en fait, on voudrait vous dire, on ne va pas laisser le cinéma français tranquille.”

“On est une famille, on se dit tout, non ? Vous tous qui n’êtes pas impacté par les questions liés à l’invisibilité, aux stéréotypes ou à la question de la couleur de la peau… la bonne nouvelle, c’est que ça ne va pas se faire sans vous. Pensez inclusion. Ce qui se joue dans le cinéma français ne concerne pas que notre milieu hyper privilégié, cela concerne toute la société, n’est-ce pas monsieur qui est sur votre téléphone portable là ?”

Aïssa Maïga n’a pas eu la langue dans sa poche mais ses propos étaient. Il est temps que les choses évoluent! Même pour moi en tant que spectateurs, je suis frustrée du manque de diversité dans les castings des films. Aïssa Maïga est devenue l’actrice noire la plus populaire du cinéma français. Elle fait preuve d’une réelle sororité en utilisant sa notoriété pour s’assurer que plus de femmes racisées aient leur chance voire pour changes les codes du cinéma français.

« Noire n’est pas mon métier » est un recueil de témoignages de femmes issus de la diaspora africaine et caraïbéenne. Le projet a pris 3 mois. Tu pourrais croire que ce livre n’est juste qu’une suite de complaintes d’actrices sur la dureté des casting mais les problèmes qu’elles soulèvent sont sociétales. Certains témoignages vous prennent à la gorge car elles dénoncent des abus et des attaques racistes.  Avec ce livre Aïssa Maïga explique le concept de l’universel blanc. Ce concept dénonce le principe des annonces de casting qui ne précise pas la couleur de peau quand le personnage est voulu blanc. La couleur de peau n’est précisée que lorsque la production recherche quelqu’un issus d’une minorité.  Les castings où elles sont attendues sont ceux qui précisent que la production recherche des personnes de couleurs. J’écoute assidument les podcast de l’actrice noire américaine Nicole Bayer: «  Why don’t you date me? ». Elle y raconte régulière ses galères de castings. Elle fait face au même problème de l’autre côté de l’Atlantique.

Mais, ce que je retiens c’est la résilience de toutes ces femmes. Actrices, réalisatrices, productrices elles sont toutes engagées pour faire évoluer les mentalités, pour produire des films plus fidèles avec la société moderne et multiculturelle. Les rôles qui leur sont proposés ne sont majoritairement que ceux de  femme de ménage ou de prostitué. C’est un problème majeur à mes yeux. Une femme noire peut être femme de ménage, prostituée mais aussi infirmière, avocate, agent d’accueil, conseillère bancaire, responsable achat, éducatrice spécialisée, mère au foyer, directrice d’école. Et oui messieurs les producteurs! Les idées reçus que propagent ses films nous éclaboussent dans la vie réelle. Je trouve que c’est un devoir civique de montrer TOUTES ces femmes à l’écran. Les productions de Shonda Rhymes sont révolutionnaires dans le sens où dans ses séries une actrice noire peut-être une chirurgienne de génie, une avocate réputée, une mathématicienne. C’est rafraichissant de ne pas voir ses femmes caricaturées dans des rôles de femmes en situation précaires.  L’audace paye toujours quand on voit le succès d’ ‘Intouchable », « La première étoile »…

Bravo encore à Aïssa Maïga pour toutes ses initiatives pour favoriser la diversité dans le cinéma.

Je te souhaite un très bon dimanche!

Allez viens, on parle :-)

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